Appel à textes, mon amour ?

Appel-à-textes

J’aurais aussi pu intituler l’article Pourquoi j’aime les appels à textes, mais il faut reconnaître qu’il y a un effet pervers aux AT.

Pour commencer, j’ai découvert les AT il y a quelques années. D’abord, des concours de nouvelles organisés par des associations, des bibliothèques, des revues… Parfois gratuits, parfois payants. Cependant, je n’y ai jamais participé. Je sélectionnais les thèmes qui m’intéressaient et j’écrivais dans mon coin. Résultat : des textes entamés ou terminés dans des carnets, sur clef USB ou même sur disquette (oui, il y en a des vieux).

Et puis est venu l’essor de la lecture numérique.

Depuis, on assiste à une multiplication des petites maisons d’édition, spécialisées dans un ou deux genres. Au final, je pense que tout le monde y est gagnant. Les maisons d’édition parce qu’elles prennent un risque plus limité au niveau financier qu’avec un tirage papier ; les auteurs parce qu’ils ont davantage de chances de percer au sein d’une telle structure que de se faire remarquer chez un éditeur traditionnel ; et les lecteurs car l’offre se développe et permet une véritable diversité, sortie des valeurs sûres des rayons librairie et à coût moindre. Certes, il y a du négatif, mais quand je vois l’évolution sur quelques années, je reste très optimiste sur le devenir de ces maisons d’édition.

Pour en revenir au sujet, l’AT concerne bien souvent une nouvelle. Et c’est un exercice qui me plaît. Respecter un format spécifique, travailler un thème que je n’aurais peut-être jamais abordé, créer une histoire courte et intense… le tout en un temps limité. Même si je n’envoyais pas mes participations, je m’appliquais à en respecter les consignes. Le souci avec moi (et c’est là, l’un des effets pervers), c’est que je me désintéresse aussi vite que je me passionne, ce qui a donné nombre de textes inachevés car non terminés à temps. Sans compter que tout le temps passé à répondre à des AT empiète sur celui consacré aux projets personnels (second effet kiss cool pervers). Bon, je me soigne et, depuis quelques années, je prends le temps de réfléchir avant de foncer tête baissée dans le premier projet qui me fait de l’œil. Mon bilan 2013 tend à prouver que je m’améliore dans mes choix^^.

Sinon, écrire, c’est bien. Mais quid de la participation, pour une fois ? J’ai franchi ce cap il y a quelques mois et… ce n’était pas beau à voir. J’ai été complètement mortifiée, incapable de me mettre sur mon PC sans vérifier ma boîte mail toutes les deux secondes. Je n’ai rien pu écrire pendant les trois semaines entre l’envoi de ma participation et la réception de la réponse. Et encore, je sais que j’ai été chanceuse, le délai aurait pu être bien plus long. Bref, réponse positive et, du coup, j’étais sur un petit nuage et en pleine euphorie créatrice. J’ai largement rattrapé mon inactivité des semaines précédentes.

Jusqu’à ce que je réponde à deux autres AT.

Ce coup-là, j’ai eu un peu moins d’appréhension et, surtout, moins d’attente anxieuse. Mais je n’ai pas été super productive pour autant. J’étais toujours un peu fébrile quand mon téléphone me bipait que j’avais un mail pour voir que j’avais juste reçu une pub pour un sexshop ou une nouvelle mutuelle… (c’est même pas sur la même boîte mail, mais je ne peux mettre qu’une sonnerie pour toutes.)

Seconde réponse positive, j’étais de nouveau ravie, mais j’attendais encore une réponse et je ne bénéficie pas de la même énergie créatrice que la fois précédente. Et puis j’ai reçu cette réponse. Un refus. Je ne peux pas dire que je ne m’y attendais pas, au contraire, et la personne qui m’a répondu l’a fait de manière sympathique et encourageante. Pas de mail impersonnel, encore une fois, j’ai conscience d’avoir de la chance. Tout comme j’ai de la chance de ne pas avoir (encore) cumulé les refus. Pourtant, j’avoue l’avoir ruminé pendant plusieurs jours : « et si j’avais envoyé un autre texte ? », « et si j’avais choisi cette fin plutôt ? », « et si j’avais utilisé un ton plus léger ? », « et si j’avais évité ce gros cliché ? »…

Vous savez ce qu’on dit ? Avec des « si »…

Surtout que, vous l’avez peut-être remarqué, j’étais entrée en croisade contre moi-même. Dans le genre contre-productif, on a rarement vu mieux. Mais ça fait partie de mes défauts : je manque de confiance en moi et je me remets en question à la moindre occasion.

Dans ces cas-là, on dit que le mieux est de s’y remettre vite. Je confirme, il n’y a pas de meilleur coup de pied aux fesses et l’auto-apitoiement n’a jamais mené nulle part. Donc, j’ai repris. Un AT auquel j’ai envoyé ma participation (j’aurais peut-être la réponse le mois prochain), un autre que je prépare pour fin mars et au moins deux textes en projets persos.

Pour les AT, je confirme donc le point d’interrogation. C’est sympa pour le défi, pour la motivation, pour la chance offerte. Mais il ne faut pas en oublier pour autant ses projets et il faut se préparer aux refus si on décide de participer.

Enfin, ne pas perdre de vue l’essentiel : écrire est un plaisir 🙂

Publié par

Magena Suret

Magena Suret a toujours eu la tête dans les nuages et le nez dans un bouquin. Après des années à développer son style dans la communauté riche et active de la fanfiction, elle se tourne vers l’édition avec un joli bagage, puisqu’elle publie sur le net depuis 4 ans. La romance érotique et le M/M étant ses sujets de prédilection, elle écrit le plus souvent dans ces genres, mais elle aime aussi relever des défis et met un point d’honneur à toujours se renouveler !

2 réflexions au sujet de “Appel à textes, mon amour ?”

  1. Je crois que c’est toi qui m’a donné le goût des AT, en fait. XD
    Je n’ai pas fait beaucoup pour l’instant mais c’est vrai que c’est très marrant à faire et on pourrait vite se laisser avoir à ne faire plus que ça, c’est clair.
    Par contre, ouais. Dur d’attendre la réponse, mais je me demande si ce n’est pas un effet un peu pervers de la publication sur internet. On est tellement habitués à vouloir savoir tout de suite comment sont reçus nos textes… Du coup, pouvoir les faire pré-lire avant de les envoyer aide, quand même, mais c’est vrai qu’il faut calmer son impatience. ^^

    1. Désolée ? XD
      Je pense que si on reste raisonnable, c’est une parenthèse enrichissante. Et ça permet parfois d’avoir des avis de professionnels, c’est différent de ce dont on a l’habitude (quoique, j’ai eu des lecteurs très pointilleux parfois^^).
      C’est vrai qu’avec la fanfic surtout, on est habituées à avoir des retours quasi instantanés : sur un chapitre ou un OS, on peut avoir des reviews dès la première heure. Pour ma fanfic longue, quand je publiais chaque semaine sur ffnet, j’avoue que j’étais accro aux premiers retours. Bon, quand on passe sur un fandom plus « rare » ou sur de l’originale, les retours sont plus longs à venir et moins nombreux… Donc en étant passées par ce ralentissement, ça nous a appris un peu la patience ;).

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