Mon expérience NaNo

En préambule, je tiens à préciser que ce dont je vais parler n’est que mon ressenti et ma conception de ce challenge. Les exemples que je cite ne sont que cela : des exemples. Je ne tiens pas à porter de jugement et chacun vit cet événement selon ses désirs et ses objectifs.

(oui, c’est lourd, mais j’ai vu des conversations à ce sujet partir en vrille, donc on pose les bases^^)

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Pour les profanes, le NaNo est le petit nom du NaNoWriMo, soit National Novel Writing Month. L’objectif ? Écrire un roman de 50 000 mots en 30 jours. C’est un événement mondial, organisé chaque année au mois de novembre. N’hésitez pas à aller sur le site (en anglais) pour plus de renseignements. Et je vous donne aussi un lien pour le forum de la région France ou le groupe Facebook.

Le NaNo, je le fais depuis quatre ans maintenant. Et j’ai échoué à chaque fois. Mais ça ne me mine pas le moral parce que mes objectifs et ma façon de le vivre ne sont pas les mêmes que d’autres.

En fait, selon les personnes, c’est très varié. Il y en a bien sûr qui s’investissent de façon très sérieuse et qui ont pour projet de publier le roman écrit durant ce laps de temps (il y a d’ailleurs d’autres événements les mois suivants pour la correction de ce qui a été travaillé en novembre).

Et il y a ceux qui détournent le défi ou qui sont prêts à tout pour obtenir le fameux badge Winner. J’avoue que ceux-là m’amusent, me font rêver parfois. Et je me dis que, peut-être dans quelques années, moi aussi j’en ferai partie.

Pour l’instant, ce n’est pas le cas.

Je salue la performance de cette année où un Nanoteur a terminé ses 50k mots le premier jour ! Quand j’écris 10k mots sur une journée, déjà ça me prend bien douze heures à ne faire que ça et je me sens lessivée le soir, donc je n’imagine même pas ce que ça donnerait pour ma santé mentale^^.

Il y a aussi ceux qui redoublent d’ingéniosité pour ne pas perdre un mot et augmenter leur WordCount. Ça peut être ne rien effacer, même quand on reformule une phrase ou qu’on remplace un mot (les versions précédentes restent entre parenthèses ou dans d’autres couleurs). Ou trouver des paraphrases et métaphores pour allonger ce qui aurait pu être dit en un mot. Ou écrire la même scène de plusieurs points de vue. Ou insérer des scènes inutiles à l’histoire, ou les faire traîner sur plusieurs lignes quand une phrase aurait suffi. Ou encore introduire des éléments anachroniques ou des meurtres non prévus au scénario.

Autant d’astuces pour faire monter le compteur qui ont des aspects positifs, je trouve : ça fait travailler le style, ça oblige à sortir de sa zone de confort, ça permet peut-être de découvrir des choses sur ses propres personnages qu’on ignorait ou de dévoiler des intrigues auxquelles on n’aurait pas pensé autrement.

Après, tout dépend de ce qu’on attend de son NaNo.

La première année, j’avais l’illusion que j’étais capable de faire ces 50k mots, j’ai calé à 30k. La seconde année a été semblable et l’année dernière, je n’ai même pas passé la barre des 10k… Tout ça m’a fait réfléchir avant de me lancer dans le NaNo 2014. Enfin, toute mon expérience d’écriture de ces quatre dernières années m’a fait réfléchir à ce que j’attendais de cette expérience. Puisque mon rapport à l’écriture a évolué, forcément relever le défi de ce NaNo n’a plus la même raison ou la même finalité.

Avant de commencer à publier sur le net, j’écrivais au kilomètre, mais en ne finissant que rarement une histoire. Quand je me suis mise à la fanfic et à la publication sur le net, j’étais toujours très productive, mais mes projets étaient achevés. Ça n’a peut-être l’air de rien, mais c’est facile de se lancer dans un nouveau projet, l’inspiration n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué à trouver. Arriver au terme d’un projet en revanche, ça demande bien plus de volonté : il ne faut pas se laisser conter fleurette par la Muse et il faut la tenir en laisse pour qu’elle continue de s’intéresser au texte en cours. C’est pour cette raison que certains projets peuvent rester inachevés durant des années ou prendre deux voire trois ans avant qu’on puisse y mettre le mot FIN (libérateur !)(et, oui, j’en ai plein mes tiroirs et mon disque dur, je n’ai pas dit que j’avais une volonté infaillible, hein^^).

Depuis deux ans, en revanche, j’écris beaucoup (beaucoup) moins vite. Mais j’ai envie de me lancer une fleur en précisant que mes premiers jets sont de bien meilleure qualité. Les retours des lecteurs et d’autres auteurs m’ont permis d’avancer. Je cerne mieux mes faiblesses, les écueils à éviter et ce qui fait ma force. Je suis loin d’avoir fini d’apprendre, mais toute cette expérience m’a été bénéfique.

Du coup, que ce soit en période NaNo ou pas, je travaille lentement, mais je m’applique beaucoup. Je relis systématiquement ce que j’ai écrit précédemment, je fais des corrections au fur et à mesure, puis je poursuis l’écriture. Pourquoi faire le NaNo dans ce cas ? J’avoue que je pourrais me faire un tableau Excel et suivre moi-même ma courbe (surtout que, parfois, je ne mets mon WordCount à jour qu’une fois par semaine). Mais j’aime simplement l’idée d’y participer, d’ajouter mes quelques milliers de mots à ceux des autres Nanoteurs de la région France et de me fixer comme objectif de finir un projet en novembre — que ce soit 2k ou 30k mots. Mon NaNo 2014 devrait me permettre de boucler Surface de réparation et de mettre enfin de côté ces footeux pour attaquer les corrections d’une réécriture. Avant de les retrouver pour leur propre correction, c’est une boucle sans fin^^.

Pour finir, beaucoup font aussi le NaNo pour profiter de l’effervescence de la communauté en novembre. Personnellement, même si je suis les pages, je participe peu. Pourquoi ? Je pourrais dire que c’est parce que la procrastination est mon ennemie (ce qui n’est pas faux), mais j’y passe quand même du temps juste à lire. La vérité, c’est que je suis timide : il me faut du temps pour apprivoiser un espace communautaire et c’est d’autant plus vrai lorsqu’il est de cette taille. Mais l’année dernière, j’ai participé quelques fois. Cette année vient juste de commencer et quelques topics me font de l’œil. L’année prochaine, mon objectif sera peut-être de faire mes 50k mots sur les réseaux sociaux 😉

Bon Nano à tous les participants 🙂

Publié par

Magena Suret

Magena Suret a toujours eu la tête dans les nuages et le nez dans un bouquin. Après des années à développer son style dans la communauté riche et active de la fanfiction, elle se tourne vers l’édition avec un joli bagage, puisqu’elle publie sur le net depuis 4 ans. La romance érotique et le M/M étant ses sujets de prédilection, elle écrit le plus souvent dans ces genres, mais elle aime aussi relever des défis et met un point d’honneur à toujours se renouveler !

2 réflexions au sujet de “Mon expérience NaNo”

  1. Contrairement à toi, j’essaye vraiment de me mettre dans le mood: j’écris et je ne corrige pas qui est censé être le principe! Bon, en réalité, je n’y parviens pas totalement, dans le sens où sur une journée classique, j’écris sur mon tel pendant les transports et je reprends le tout en le complétant, l’arrangeant le soir. Donc en fait, je fais quand même une phase de correction et si je vois une grosse répétition, je la modifie mais dans l’ensemble, en dehors de ça, je laisse mon texte assez brut.
    Maintenant, ça a ses limites, pour un des camps nano, j’étais tellement coincée arrivée au milieu, que j’ai repris les chapitres précédents pour les corriger (mais j’ai comptabilisé les mots que je rajoutais !) et réussir à réorienter mon écriture.

    Après, comme toi, j’aime bien l’ambiance nano, et le fait d’avoir un objectif quotidien me motive vraiment. J’admire ceux qui sont capables d’aligner des 10K par jour, mais je lisais sur les forum (oui, moi aussi je lurke sans participer!) qu’eux admiraient les gens capables d’écrire de façon régulière. comme quoi!

    Cette année, plus que le nombre de mots, je compte en nombre de chapitres en fait, j’aimerais vraiment mettre une claque à mon plan et m’approcher de la fin de cette histoire (j’en ai deux qui me font du pied!)

    1. J’avoue que je vais à contre-courant pour le coup ! Mais c’est ce qui est sympa dans le nano, on peut briser toutes les règles qu’on veut XD.
      En fait, la première année, j’avais écrit sans revenir et sans trop réfléchir. Bénéfice : 30k mots perdus parce que je n’aime ni le ton ni la façon dont j’ai abordé l’histoire.
      Bref, pour cette année, je vise un demi nano mais je suis en retard^^. Enfin je lâche un peu prise sur mes principes puisque j’écris à l’inspiration et non en linéaire (on verra le résultat).
      En tout cas, j’admire ta capacité à écrire dans les transports. (en fait, on est tous envieux des autres, c’est comme pour les cheveux, jamais contentes des nôtres ;))
      Bon courage pour tes chapitres. Et je compatis pour les projets qui te font de l’oeil, je connais bien ce problème… Résiste !

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